La défenseuse des droits humains Sepideh Gholian libérée après six mois de prison suite à la suspension du reste de sa peine
Le 30 mai 2026, Sepideh Gholian a été libérée de la prison de Vakilabad à Mashhad après avoir purgé six mois de sa peine de cinq ans d'emprisonnement, prononcée en février 2026 en représailles à son engagement en faveur des droits humains.
Sepideh Gholian est une défenseuse des droits humains et journaliste freelance ; son travail se concentre principalement sur le droit du travail. Elle travaille en étroite collaboration avec le Syndicat des travailleurs de la Haft Tappeh Cane Sugar Company, un syndicat créé en 1974 pour les travailleurs du complexe agro-industriel de la canne à sucre Haft Tappeh.
Le 30 mai 2026, Sepideh Gholian a été libérée de la prison de Vakilabad à Mashhad après avoir purgé six mois de sa peine de cinq ans d'emprisonnement, prononcée en février 2026 en représailles à son engagement en faveur des droits humains.
Sepideh Gholian est une défenseuse des droits humains et une militante contre la peine de mort dont le travail en faveur des droits humains porte principalement sur les droits du travail, les droits des détenus et la défense des groupes vulnérables. Elle travaille en étroite collaboration avec le Syndicat des travailleurs de la Haft Tappeh Cane Sugar Company, un syndicat créé en 1974 pour les travailleurs du complexe agro-industriel de la canne à sucre Haft Tappeh.
Sepideh Gholian a été arrêtée le 12 décembre 2025 en même temps que cinq autres défenseur⸱ses des droits humains : Narges Mohammadi, Alieh Motalebzadeh, Hasti Amiri, Pouran Nazemi, et Javad AliKordi. Ils ont été arrêtés lors d'une cérémonie commémorative organisée sept jours après le décès de l'avocat en droits humains Khosrow Alikurdi à Mashhad. Selon certaines informations, les forces de sécurité auraient fait usage d'une force excessive lors de leur arrestation. Après son arrestation, elle a été détenue pendant 67 jours dans un centre de détention du ministère du Renseignement, où elle a développé de graves complications gastro-intestinales, avant d'être transférée à la prison de Vakilabad.
Le 13 février 2026, la défenseuse a été informée oralement, à la prison de Vakilabad, qu’elle avait été condamnée à cinq ans d’emprisonnement. Elle a accepté l’annonce orale du verdict et a demandé à le voir. Le 17 février 2026, la Branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mashhad a prononcé des peines de cinq ans d'emprisonnement pour « réunion en vue de commettre des crimes contre la sécurité intérieure et extérieure » et de dix mois d'emprisonnement pour « propagande contre l'État ».
L’article 134 du Code pénal islamique iranien énonce les règles de condamnation pour plusieurs crimes concomitants. En vertu de cet article, si une personne est reconnue coupable d'au moins trois infractions passibles d'une peine de ta'zir (peines discrétionnaires), le tribunal prononce la peine maximale pour chacune d'entre elles. Toutefois, le condamné n'est tenu de purger que la plus lourde de ces peines. Ainsi, en application de l'article 134, la défenseuse doit purger la plus sévère de ces peines, à savoir quatre ans et demi de prison.
Sepideh Gholian a été libérée de prison le 30 mai 2026. À sa libération, le juge chargé de son dossier l'a informée que les quatre ans et demi restants de sa peine, prononcée pour « réunion et collusion » et « propagande contre l'État », seraient assortis d'un sursis de cinq ans. Elle a été libérée après avoir purgé la partie ferme de sa peine, à savoir six mois de prison, tandis que la peine avec sursis est toujours en vigueur. Le verdict initial prévoit également des sanctions supplémentaires, notamment en raison de ses travaux de recherche sur « la situation des nomades dans la province du Khuzestan avant et après la révolution islamique de 1978 en Iran », ainsi qu'une interdiction de voyager de deux ans.
Après sa libération, Sepideh Gholian s'est rendue sur la tombe de Khosrow Alikurdi, un éminent avocat en droits humains qui avait représenté de nombreux prisonniers politiques et opposants au gouvernement. Dans un communiqué publié après sa libération, elle a écrit qu'elle s’est rendue directement de la prison à la tombe d'Alikurdi. Elle a également déclaré que son arrestation lors de la cérémonie commémorative et les mesures prises par les autorités ne l'empêcheraient pas de poursuivre sa quête de vérité et de justice. Elle a également appelé à prêter attention à la situation des détenus qui se trouvent toujours à la prison de Vakilabad.
Sepideh Gholian a fait l'objet de multiples arrestations et incarcérations en raison de ses activités civiques et politiques. Avant sa dernière incarcération, elle avait passé deux ans à la prison d'Evin, d'où elle a été libérée en juin 2025. Les arrestations violentes, les violations des droits des détenus, ainsi que les actes de torture et les mauvais traitements infligés à Sepideh Gholian témoignent de l'intensification des représailles à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains en Iran, notamment depuis le conflit armé qui a éclaté au Moyen-Orient en juin 2025.
Front Line Defenders salue la libération de Sepideh Gholian, mais reste préoccupée par l’acharnement judiciaire dont continuent d'être victimes les défenseur⸱ses des droits humains et les activistes de la société civile en Iran.
Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à :
- Lever immédiatement toutes les accusations portées contre Sepideh Gholian, car il semble qu'elle ait été arrêtée et placée en détention uniquement en raison de son action légitime en faveur des droits humains ;
- Cesser de prendre pour cible les défenseur⸱ses des droits humains et leur garantir la possibilité de mener leurs activités légitimes en faveur des droits humains sans crainte de représailles et sans aucune restriction, y compris l’acharnement judiciaire.
