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Alexandra Narváez Umenda

FDDH

Alexandra Narváez Umenda est défenseuse des droits humains et de l'environnement autochtone ; elle est membre de la Garde autochtone Kuirasunde’khu de la communauté A’i Cofán de Sinangoe, en Amazonie équatorienne. Née en 1990 sur le territoire de ses ancêtres, elle a grandi en apprenant la valeur spirituelle et culturelle de la forêt, l’importance de sa langue et les systèmes de savoir qui sous-tendent le mode de vie de son peuple. Dès son plus jeune âge, elle a compris que défendre le territoire, c'était défendre la vie elle-même, une conviction qui l'a poussée à rejoindre la Garde autochtone afin de renforcer la voix et la présence des femmes cofán dans la défense du territoire.

Depuis 2017, Alexandra Narváez Umenda œuvre en faveur de la protection du territoire A’i Cofán, en encourageant des initiatives collectives visant à faire revivre les modes de vie traditionnels et les savoirs ancestraux. En 2018, elle a été l'une des figures de proue de la lutte contre l'octroi de concessions minières sans consultation préalable sur son territoire. Son engagement en faveur des droits collectifs et environnementaux l'expose à des risques et à des accusations : aux côtés de la Garde autochtone, elle est la cible de campagnes de diffamation et de criminalisation de la part des autorités étatiques, qui cherchent à les taxer de groupes « terroristes » ou « subversifs ». Malgré tout, Alexandra réaffirme son engagement en faveur de la défense des droits humains à travers la protection de la forêt, considérant la préservation du territoire comme un acte d'amour et de responsabilité envers la vie.

En 2019, elle a occupé le poste de présidente de l'Asociación de Mujeres SHAMECCO (Association des femmes SHAMECCO), où elle a encouragé le leadership féminin dans la redécouverte des savoirs ancestraux à travers l'artisanat, la médecine traditionnelle et le tourisme communautaire. Son travail a contribué à renforcer l'autonomie culturelle et économique des femmes Cofán, tout en consolidant leurs propres systèmes de gouvernance et d'organisation. En reconnaissance de son parcours, elle a reçu le Prix Goldman pour l'environnement en 2022 et a été élue « Femme de l'année » en Équateur, des distinctions qui soulignent son courage et son engagement en faveur de la défense du territoire et des droits de la nature.

En 2023, elle a rejoint l'équipe multiethnique « Punta de Lanza », composée d'autochtones et de défenseur⸱ses des droits humains, dont l'objectif est de soutenir les efforts visant à renforcer la Garde communautaire autochtone sur les territoires des peuples Siekopai, A’i Cofán, Siona et Kichwa de Pastaza, entre autres. Ce processus s'est déroulé grâce à la coordination des structures autochtones régionales et nationales, avec le soutien d'organisations de défense des droits humains. Grâce à un travail collectif, cet espace d'apprentissage et de soutien a permis à Alexandra de partager son expérience et de consolider les réseaux de résistance entre les différents peuples et nationalités autochtones d'Équateur.

En mars 2026, elle a reçu la distinction « Dolores Cacuango » décernée par l'Université UTE, un prix qui récompense les femmes ayant apporté une contribution exceptionnelle à l'égalité et à la justice sociale.

Alexandra Narváez Umenda a été à plusieurs reprises et publiquement prise pour cible de manière stigmatisante dans les médias et sur les réseaux sociaux en Équateur, où elle a été présentée comme la présumée instigatrice d'actes violents et/ou terroristes par le biais des Gardes autochtones. Les attaques, la stigmatisation et la criminalisation des Gardes autochtones communautaires et, plus largement, du mouvement autochtone se sont intensifiées, exposant ainsi à un risque accru les membres et les leaders des communautés, des peuples et des nations, ainsi que les défenseur⸱ses des droits humains qui soutiennent ces processus d'autodétermination.

Aujourd’hui, Alexandra Narváez Umenda poursuit son action au sein de la Garde Kuirasunde’khu aux côtés de ses filles, avec lesquelles elle promeut le « Semillero de Guardia Chipiri Tsampi Kuirasunde’khu - Pequeños defensores de la selva » (Pépinière de la Garde Chipiri Tsampi Kuirasunde’khu - Petits défenseurs de la forêt), en favorisant l’éducation communautaire, la revitalisation de la langue A’ingae et la transmission de la mémoire ancestrale aux nouvelles générations. À travers ce travail, elle réaffirme que la défense du territoire repose non seulement sur la résistance, mais aussi sur la promotion de la prise de conscience, de l'identité et de la vie chez les enfants de sa communauté.