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Sathiveloo Marimuthu Pillai

DDH

Depuis trente ans, Sathiveloo Marimuthu Pillai est prêtre au sein de l'Église anglicane de Ceylan et défenseur des droits humains. Il milite en faveur des droits des minorités ethniques, du droits à la terre, de la liberté de religion et d'expression, ainsi que des droits humains fondamentaux. Il plaide également pour la libération des prisonniers politiques.

Depuis la fin de la guerre civile en 2009, les actes de harcèlement et d'intimidation à l'encontre de la société civile et des DDH se poursuivent, des dizaines de personnes étant maintenues en détention sans charges, sans mise en accusation ni procès, pour des motifs politiques, ethniques et religieux. Le père Marimuthu réclame l'abrogation de la loi sur la prévention du terrorisme, une loi draconienne en vertu de laquelle les prisonniers sont détenus ; la libération de tous les prisonniers politiques conformément aux dispositions légales en vigueur ; et la garantie de visites des membres de leur famille. Il participe aussi à des rassemblements et des manifestations pour faire pression sur le gouvernement.

Le père Marimuthu apporte également son soutien aux travailleurs des plantations de thé et d'hévéas, qui sont marginalisés et vivent comme des citoyens de seconde zone. Il assure la liaison avec toutes les parties prenantes, telles que les syndicats, les partis politiques, les organisations religieuses et les dirigeants aux niveaux national et international, et mobilise les communautés locales en les informant de leurs droits.

Le Sri Lanka est le quatrième producteur mondial de thé, l'un des principaux produits d'exportation du pays, mais les familles qui travaillent dans les plantations sont si pauvres que certaines se retrouvent sans abri. Ces personnes sont presque toutes d'origine tamoule et descendent de ceux que les Britanniques ont amenés au Sri Lanka dans les années 1820 pour fournir une main-d'œuvre bon marché dans leurs plantations de thé. Près de 52% des travailleurs dans les plantations de thé sont des femmes.

Malgré la fin du conflit armé avec les Tigres de libération de l'Îlam Tamoul en 2009, des lois strictes sur la sécurité sont en vigueur et la situation des défenseur-ses des droits humains au Sri Lanka reste critique pour ceux qui travaillent sur les disparitions forcées, la torture et le droit à la terre. Les DDH qui veulent que les coupables d'exactions perpétrées par les deux parties du conflit soient jugés sont victimes de représailles graves, notamment de menaces de mort, campagnes de diffamation, acharnement judiciaire, torture, disparitions forcées et meurtres. L'armée a aussi imposé certaines restrictions sur les rassemblements dans des régions tamoules. L'impunité pour les crimes contre l'humanité est une préoccupation majeure, car le gouvernement ne montre aucune réelle volonté de poursuivre les membres des forces de sécurité responsables des crimes commis contre les DDH et les journalistes pendant la guerre civile et les années Rajapaksa. La liberté de la presse reste fragile, car les journalistes rencontrent toujours des difficultés lorsqu'ils couvrent certains sujets et ils sont la cible de harcèlement et d'intimidation. La réouverture du Conseil de la Presse, largement utilisé par le régime Rajapaksa pour cibler les voix indépendantes, en juillet 2015, a également alarmé les DDH.