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19 Mai 2026

La dernière attaque israélienne contre la flottille Global Sumud est une nouvelle violation du droit international

Front Line Defenders condamne fermement l'interception militaire par les forces navales israéliennes de la flottille pacifique Global Sumud Flotilla (GSF), qui a eu lieu dans les eaux internationales dans la soirée du 18 mai 2026, à environ 250 milles marins (450 kilomètres) au large des côtes de Gaza.

La Global Sumud Flotilla (GSF) est une flotte coordonnée indépendante et non violente, composée essentiellement de petits navires qui partent de ports situés dans toute la Méditerranée pour se rendre à Gaza. La mission de la GSF consiste à lutter contre le blocus imposé à Gaza et à mettre en place un couloir humanitaire pour les civils, alors que la crise humanitaire ne cesse de s'aggraver. Parmi les membres de l'équipage figurent des défenseur·ses des droits humains internationaux, du personnel médical, des journalistes, des bénévoles humanitaires et des militants solidaires originaires de plusieurs pays.

Le 14 mai 2026, la flottille, composée de 54 navires civils, a quitté Marmaris, en Turquie. Le 18 mai 2026, selon certaines informations, les forces israéliennes auraient intercepté plusieurs navires et arrêté leurs équipages. À l'heure où nous publions cet article, on dispose de peu d'informations concernant le lieu où se trouvent les personnes détenues, leur situation juridique et leur état de santé. Les médias israéliens et les communiqués officiels publiés avant l'interception annonçaient l'intention de saisir les navires et de transférer les participants vers des centres de détention dès leur arrivée au port d'Ashdod.

Cette interception fait suite à une opération similaire menée le 30 avril 2026, au cours de laquelle les forces navales israéliennes avaient intercepté plusieurs navires de la flottille près de la Crète, en Grèce, qui transportaient environ 175 activistes. Alors que la plupart d'entre eux ont été libérés, les militants Thiago Ávila et Saif Abukeshek ont été détenus au secret pendant deux jours avant d'être transférés au centre de détention israélien de Shikma, à Ashkelon. Le 5 mai 2026, un tribunal d'instance israélien a prolongé leur détention de six jours supplémentaires, en s'appuyant notamment sur des éléments de preuve confidentiels qui n'ont pas été communiqués aux militants ni à leurs avocats. La Cour a également approuvé la durée totale de l'interrogatoire demandée par les autorités sans imposer de restrictions quant aux conditions de détention. Les deux militants ont été libérés et expulsés le 10 mai 2026.

Plusieurs militants arrêtés lors de l'opération menée le 30 avril 2026 ont déclaré avoir subi des violences physiques et des mauvais traitements pendant leur détention, et ont eu besoin de soins médicaux après leur libération.

Front Line Defenders exprime sa profonde inquiétude face à ces interceptions de missions civiles pacifiques de solidarité, ainsi que face à la détention et aux interrogatoires dont font l’objet les défenseur·ses des droits humains. L'organisation demande la libération immédiate et en toute sécurité de tous les défenseur·ses des droits humains, acteurs humanitaires et activistes solidaires de la GSF actuellement détenus, ainsi que la restitution de tous les navires saisis. Il est impératif que les personnes incarcérées puissent bénéficier immédiatement d'une assistance juridique, de soins médicaux et d'un soutien consulaire, et que leur intégrité physique et psychologique soit pleinement protégée. Front Line Defenders appelle en outre la communauté internationale, et en particulier les États membres de l'Union européenne, à intervenir d'urgence pour garantir la sécurité et la protection de tous les membres de la GSF, à suivre de près l'évolution de la situation et à veiller au respect du droit international relatif aux droits humains, du droit humanitaire et du droit maritime.